Samedi 28 novembre, je participe à la "Journée contre les violences faites aux
femmes" d'Aubagne en animant un atelier le matin : le but est de commencer à réaliser une banderole destinée à "La marche mondiale des femmes" (Montpellier, mars 2010). Venez
nombreuses, c'est gratuit. Matériel fourni
(sauf les blouses pour ne pas se salir)
J'y exposerai aussi des "livres clos".
"... Contre les terres brûlées de l’absence, contre les territoires asséchés par nos manques, le travail de Rodia Bayginot devient ce qui serpente dans la mémoire pour la segmenter afin que les Mélusine s'y immiscent à tout coup..." lire la suite Extrait de "Rodia Bayginot : La force de l'image" J.P Gavard-Perret , 2008
Rodia BAYGINOT lives in Provence and her works have been exhibited since 1992.
Her art is shown at the FRAC (Contemporary Art Foundation for Marseille and Provence), and she has been invited often to exhibit in the “Festival d’Art singulier” (Folk Art or Outsider Art Festival) in Roquevaire and Aubagne.
Among others exhibitions, we will mention: “Le Pluriel des Singuliers III” (The Plural of Unique III) at the “Espace 13” Gallery in Aix en Provence (the gallery of the Administration of Provence region), “Voeux d’Artistes” (Artists’wishes), European and French circuits of BAZART (art shows in department stores), the exhibition of the “Regart de Provence Fondation” in the Borelly Castle, Marseille. She is one of the original participants in the exhibits of “Reg’Art de Femmes” (works by and about women) in Aubagne.
Rodia BAYGINOT has also had many personal temporary exhibits and some of her work is also in the permanent collections of art galleries.
From her paintings covered with imaginary signs to “kakemonos”(canvasses rolled like parchments that can be unrolled, if you like), closed books (books that enclose a secret for ever) and the next-to-nothing (paintings “almost” white inspired by oriental poetry), she continues a personal quest, a journey across the “great ocean of inner experience”.
Traduction TORREN-MANEKIN
... Attends, imagine une page blanche, tu la vois ?
Blanche
la page.
Et puis la main qui se pose et qui l'a remplie la page blanche, d'une multitude de petits signes noirs informes, serrés, blottis les uns contre les autres, si serrés, si blottis qu'à la fin on en voit presque rien, qu'une masse un peu maussade. Imagine...
Wait, imagine a blank page, can you se it ?
Blank
The page
Then the hand on it, the hand that has filled it with lots of shapeless black signs crowding and huddling together , huddling so tight that eventually you can hardly make out anything but a rather sullen mass… . Imagine…
Mais je penche mon visage vers la feuille gribouille et soudain, étrange impression, je découvre, je surprends des têtes, des corps, des pieds, des personnages. J'attends quelques secondes et soudain, un personnage, plus impertinent que les autres, se détache. Il se tient droit, simplement tout droit, mais la main en l'air, il me fait signe, de la main je veux dire.
But here I am leaning towards the doodle sheet and lo, what a strange feeling, I discover , I distinguish heads, bodies, feet, characters.. I wait for a few seconds and suddenly a character , who might be more impertinent than the others, stands out . It’s standing straight , simply straight, but with its hand in the air it’s sending me some sign, waving some signature I mean.
C'est la peinture Bayginot, (pas que cela, ce serait trop simple, et justement elle n'aime pas ça la simplicité !) elle fait des signes cette peinture. Des signes qui nous font signe et qui nous regardent, étranges, souvent étranges. Un peu tordus comme on peut l'être dans la vie, un peu penchés aussi... qui se cherchent et qui cherchent.
That’s Bayginot painting ! (Not only that, it would be too simple, and precisely she doesn’t like simplicity ). Painted signs making signs at us, looking at us and looking strange, often strange. A bit crooked as one can be in real life, a bit bent ….looking for themselves, looking for something.,
Émotion d'un instant inexplicable inexpliqué, porte vers cette interrogation (et elle en est pleine d'interrogations la Bayginot)..
Naissance, la nôtre ? ou celle de ces petites vies ?
Mais finalement n'aurait-elle pas dessiné des mots ? A moins que ce soient eux qui la dessinent ?
Au moment où l'on s'y perd, les voilà secoués les petits bonhommes, couleur sang, violence du jaune, sombre noir qui sombre, appel à l'aide, et rester là, à regarder, captivée.
Emotion of an unexplainable, unexplained moment. A door opening to that question ( and that Bayginot lady is full of questions
A birth ? Our birth ? The birth of those little lives ?
But hasn’t she in fact drawn words ? Or might those words have drawn her ? Just when we ‘re about to get lost, the little beings get all shaken up, blood-red, violently yellow, deep sinking black, calling for help, and what can we do but stay here fascinated ?
Mais l'artiste me montre aussi que la vie ce n'est pas que cela :
"Déchirure" heureusement, "Réparation" il y a. Elle aime ça la réparation, on peut même se demander si elle ne cisèlerait pas certaines de ses oeuvres pour mieux les réparer. Comme une seconde naissance en quelque sorte. Et dans le mot naissance il y a sens, essence aussi. Essence des sens.
Fortement, elle revendique la liberté de ses toiles, être sans étiquette aucune : "Je suis donc je suis", une de ses devises.
Prévert a croisé sa pupille.
But that artist also shows us that life isn’t only that. « Tearing apart » , fortunately. « Repairing » follows . She loves repairing. We might even wonder if she doesn’t tear at some of her paintings in order to repair them. Like a second birth in fact. And in « naissance » (the french word for birth) there is « sens »
( sense, meaning or direction) and also essence. Essence of senses..
She strongly claims freedom for her paintings, freedom from all labels. « I am therefore I am, one of her mottos.
Prévert has left an image in her eyes.
Tandis que l'Oracle de Delphes tel une mémoire un peu oubliée d'un art enfoui quelque part, là-bas. Loin. Attends.
Bayginot, c'est aussi une superposition d'images.
J'effleure du doigt celui-ci, rêche, crisse, bosse, un public de personnes aveugles pourrait y goûter. Elle y a pensé.
While the Delphes oracle like a slightly faded memory of an art buried somewhere far away, waits…
Bayginot is also superimposed images
A soft stroke of my finger on this one, it’s rough, it screaches, it humps and bumps, blind people could explore it delightfully. She’s considered it.
Apprendre à voir autrement. Comme si au-delà d'une apparence, il y en avait une autre et au-delà de celle-là, encore une jusqu'à la fin, mais la fin de quoi ?
Relief, couleurs, acrylique, blanc, noir, surprise, harmonie, harmonieux, estompe, fragile, mémoire, tissu, signature, nuance, faux-semblant, picto, trou... Eux ? Nous ? Moi ?
Learning to see in a different light. As if, beyond appearances, there were more of them, and more and more, until the end, but the end of what ?
Relief, colours, acrylic, white, black, surprise, harmony, harmonious, stump, blurred, fragile, memory, material, signature, shade, sham, trompe-l’œil,, picto, hole…..Them ? Us ? Me ?
Qui sont-ils ? Mais je crois qu'il y en a un qui m'appelle ou qui veut sortir de la toile. Bleus, tous les bleus ou presque, étonnants, celui que j'aime et celui que je n'aime pas. Trace d'existence.
Il me fait encore un petit signe, alors je fonce, tout droit sans m'inquiéter, indifférente aux regards.
Who are they ? But I think one of them is calling me or trying to walk out of the canvas. Blue, all kinds of blue or almost, how astonishing!.. the one I like and the one I don’t. Life has left its footprints. The little being waves at me again, so I rush behind him carelessly, ignoring people’s glances….
Danielle Tzaprenko
mai 2005
may 2005
Traduction Danielle VIOUX
Nov 2006
Samedi 28 novembre, je participe à la "Journée contre les violences faites aux femmes" d'Aubagne en animant un
atelier le matin : le but est de commencer à réaliser une banderole destinée à "La marche mondiale des femmes" (Montpellier, mars 2010). Venez nombreuses, c'est gratuit. Matériel
fourni (sauf les blouses pour ne pas se salir)
J'y exposerai aussi des "livres clos".
."Aubagne au jour le jour" N° 675 nov.déc. 2009
dont je fais partie avec Philippe ORDIONI et dont les membres et de nombreux amis de l'association figurent dans la galerie des "supports mobiles, bipèdes et sympathiques".
Toutes les photos de "Supports mobiles, bipèdes et sympathiques" prises durant
La Mostra et
La Grande Parade d'Aubagne seront visibles sur ce blog à partir de début novembre 2009.
Nous remercions, Philippe et moi même, toutes les personnes qui ont bien voulu accepter une prise de vue pour cette intervention artistique.
Photos Jean-Pierre LECOEUR
.